8 octobre 2026

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Heure: 6h à 7h30
Lieu: En ligne

Attention: Veuillez prendre note que la conférence se déroule de 6h à 7h30 le matin (12h en Suisse).

Dans le cadre de ses séminaires de recherche, le laboratoire d’étude des sciences et des techniques (STS Lab) a le plaisir d'accueillir Florence Pasche Guignard, Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval et membre associée STS Lab.

Résumé:

La gestion de la fertilité humaine engage une négociation complexe entre savoirs et rapports de pouvoir, à l’intersection de discours médico-scientifiques, féministes, religieux et spirituels.

Cet événement présentera quelques résultats d’une étude comparative menée de 2022 à 2026 au Québec et en Suisse romande auprès d’enseignant·es et apprenant·es de pratiques de suivi de cycle et de méthodes d’auto-observation. Il se concentrera sur la manière dont ces pratiques sont transmises, appropriées et légitimées dans des espaces le plus souvent extérieurs mais parfois articulés à la biomédecine. L’enquête, fondée sur des entretiens, une analyse de contenus et des observations de terrain, montre que l’acquisition de connaissances sur le cycle menstruel peut constituer une ressource d’autonomisation. Elle participe à l’émergence d’une conscience féministe de la fertilité, qui réinvestit des savoirs scientifiques et médicaux.

Sans renier les liens historiques entre le développement initial de certaines méthodes et des courants religieux – en particulier catholiques – certaines institutions insistent aujourd’hui sur une présentation « laïque ». Toutefois, les héritages religieux demeurent actifs dans le champ de la santé reproductive. Ils coexistent désormais avec des spiritualités contemporaines mobilisant la notion diffuse de « féminin sacré », susceptible de reconduire certaines formes d’essentialisation du genre.

Plutôt que de confirmer un remplacement progressif des conceptions religieuses par des approches scientifiques, l’analyse met en lumière des juxtapositions inattendues. Elle interroge ainsi la concurrence et l’entrecroisement des autorités médicales, religieuses et laïques, ainsi que les conditions sous lesquelles les femmes mobilisent des épistémologies plurielles pour exercer une capacité d’agir sur leur corps, leur sexualité et leur fécondité, et pour la transmission des connaissances.

Informations, programme et prochaines séances : https://www.unil.ch/news/fr/1789059500730