Retour sur le colloque international Justice sociale transformationnelle : enjeux, réalités et défis

14 janvier 2026

Fin 2025, la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval et l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal ont organisé le colloque Justice sociale transformationnelle : enjeux, réalités et défis, financé par le Fonds François-et-Rachel-Routhier et soutenu par plusieurs partenaires. 
Chercheurs, praticiens et acteurs communautaires se sont réunis pour réfléchir à une question centrale: comment transformer durablement les structures sociales afin de promouvoir plus de justice, de dignité et d’égalité ?

L’héritage de Marie Gérin-Lajoie
L’événement s’inscrivait dans le cadre du séminaire Justice sociale transformationnelle : réalités, défis et héritages. Le modèle de Marie Gérin-Lajoie. Figure pionnière de la formation à l’action communautaire, Marie Gérin-Lajoie (1890-1971) inspire encore aujourd’hui par son approche intégrant dignité humaine, engagement solidaire et pratiques spirituelles.

Justice sociale à l’échelle planétaire
Les conférences ont élargi la réflexion à des enjeux mondiaux : justice environnementale, responsabilités intergénérationnelles, réalités migratoires et justice de l’hospitalité. Ces perspectives rappellent que la dignité humaine est indissociable de la protection des écosystèmes et du respect de l’altérité.

Spiritualité et éducation : moteurs de transformation
Plusieurs communications ont souligné le rôle essentiel de la spiritualité et de l’éducation comme leviers de changement collectif. La justice sociale transformationnelle n’est pas qu’un concept : elle engage une manière d’être au monde, une exigence intérieure et une rencontre avec l’autre.

Une trajectoire exigeante, mais nécessaire
Ce colloque ne promet ni solution rapide ni révolution spectaculaire. Il propose une trajectoire longue et exigeante, mais indispensable pour construire un vivre-ensemble plus juste et solidaire. En croisant philosophie, théologie, histoire, sociologie et intervention sociale, il a montré la force d’un projet multidisciplinaire capable de penser la justice dans sa globalité.

Des voix engagées

  • Pour Gisèle Turcot, supérieure générale de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal, ce colloque était nécessaire pour interroger le concept de justice sociale et son évolution afin de mieux saisir son pouvoir de transformer des vies. Elle rappelle que Marie Gérin-Lajoie invitait déjà à dépasser la simple amélioration pour viser la transformation. Selon elle, le partenariat avec la FTSR contribue à raviver une approche de la justice sociale au cœur du christianisme social, particulièrement dans ce changement d’époque où les acquis des mouvements sociaux sont remis en question.
  • Pénéloppe Natacha Mavoungou-Pemba, coordinatrice du volet académique de la valorisation du matrimoine de Marie Gérin-Lajoie, INDBSC, souligne que la justice sociale transformationnelle n’est pas seulement une idée: c’est une rencontre, une exigence intérieure, une manière de se tenir debout dans le monde. Elle insiste sur la force du réseau qui se tisse entre chercheurs, enseignants et organismes communautaires, porteurs ensemble d’une vision riche et plurielle de la justice sociale.
  • Nadia-Elena Vacaru, professeure agrégée, Faculté de théologie et de sciences religieuses, met en avant l’importance du regard historique. Pour elle, la justice sociale s’inscrit dans une continuité et un héritage qui invitent à redécouvrir le passé comme source d’inspiration et de légitimité. Elle conclut que la justice sociale transformationnelle n’est ni un slogan ni un idéal abstrait, mais un chemin collectif exigeant, ancré dans l’histoire, qui appelle à repenser nos structures et nos imaginaires pour bâtir une société plus juste et solidaire.

 

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