Retour sur le colloque international: Catholicisme et sécularisation – Regards américains (XIXe-XXIe siècles)
4 décembre 2025
Fin novembre, pendant deux jours, la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval a accueilli des chercheurs de neuf pays d’Amérique et d’Europe pour réfléchir aux recompositions du catholicisme face aux processus de sécularisation. Organisé par Philippe Roy-Lysencourt (Université Laval) et Ana Rosa Cloclet da Silva (PUC-Campinas, Brésil), dans le cadre du projet de recherche développé par cette dernière en tant que chercheuse invitée à la Faculté, ce colloque a mis en lumière la diversité des trajectoires historiques et des dynamiques religieuses sur le continent américain.
Les échanges ont porté sur des thèmes variés : la presse catholique au Brésil, les tensions entre cléricalisme et laïcité en Haïti, les réseaux féministes chrétiens au Québec, ou encore les politiques publiques au Mexique et les apparitions mariales au Brésil. Ces études ont montré que la sécularisation n’est pas un processus uniforme, mais une réalité plurielle, marquée par des négociations constantes entre Église, État et société civile.
Philippe Roy-Lysencourt a souligné l’importance de dépasser les approches eurocentriques dans l’étude de la sécularisation en Amérique :
« Loin de n’être qu’un héritage transplanté depuis l’Europe, le catholicisme américain s’est constamment transformé au contact d’environnements politiques, sociaux et culturels spécifiques. Dans plusieurs pays, l’affirmation d’une sphère publique laïque n’a nullement entraîné l’effacement de la religion : au contraire, elle a souvent donné lieu à une redéfinition de ses formes d’expression, de ses institutions et de ses modes d’engagement social et politique. Ces phénomènes, loin de contredire l’idée même de sécularisation, invitent à en repenser les modalités, les temporalités et les implications. »
De son côté, Ana Rosa Cloclet da Silva a insisté sur la dimension interdisciplinaire et internationale des travaux :
« Ce dialogue entre chercheuses et chercheurs issus d’horizons disciplinaires variés – parmi lesquels l’histoire, la philosophie, la théologie et les sciences religieuses - est essentiel pour saisir les recompositions religieuses à l’échelle du continent. La pluralité des perspectives enrichit notre compréhension des rapports entre religion et modernité. »
![]()