La collection Bibliothèque copte de Nag Hammadi s’enrichit de deux nouveaux volumes

12 mai 2026

Ces publications poursuivent la mission de la Bibliothèque copte de Nag Hammadi, qui vise à rendre accessibles les textes gnostiques coptes par des éditions scientifiques de référence, accompagnées d’outils philologiques et interprétatifs destinés à la recherche internationale.

Anne Pasquier et Wolf-Peter Funk, L’Évangile de la vérité (NH I, 3 et XII, 2), Louvain, Peeters (coll. «Bibliothèque copte de Nag Hammadi [section «Textes»]», 39), 2025, xviii + 374 p.

Le genre littéraire de l’Évangile de la vérité ne correspond pas à celui des évangiles qui deviendront canoniques. Le texte se présente plutôt comme une introduction au message évangélique. Dépeint comme le livre crucifié qui se manifeste dans le cœur des croyants, il propose une interprétation du message chrétien, à partir de plusieurs passages évangéliques ainsi que des lettres de Paul. C’est cette interprétation qui prend le nom d’évangile véritable, ce qui indique implicitement une argumentation polémique. Que, selon son auteur, il ne puisse y avoir qu’un seul évangile véritable peut expliquer le fait qu’il ne porte pas de nom, contrairement aux autres évangiles qui incluent au début ou dans leur titre le nom d’un apôtre ou d’un disciple.

Plusieurs chercheurs le situent dans la tradition valentinienne. Cependant, nombreux sont ceux qui ont mis en lumière des différences significatives avec les sources de cette tradition. S’il existe des intuitions communes et que l’on peut faire des rapprochements entre l’Évangile de la vérité et le valentinisme, les dissemblances valent la peine d’être soulignées, les accents n’étant pas portés sur les mêmes aspects du récit évangélique, ce qui montre une vision un peu différente du christianisme. Cet écrit se situerait plutôt au sein de la tradition marcionite. C’est ce contexte religieux qui permet de rendre compte de la cohérence du texte et de mieux comprendre son enseignement.

Eric Crégheur (dir.), Nouvelles perspectives sur le Traité anonyme du codex Bruce/New Perspectives on the Untitled Treatise of the Bruce Codex. Louvain, Peeters (coll. «Bibliothèque copte de Nag Hammadi [section «Études»]», 11), 2026, viii + 155 p.

C’est au XVIIIᵉ siècle, alors que les gnostiques n’étaient encore connus qu’à travers ce que leurs adversaires avaient dit d’eux, que les premières sources directes sur le « gnosticisme » furent mises au jour en Égypte et commencèrent à gagner l’Europe. Parmi ces sources coptes figurent le volumineux Codex Askew, qui contient un texte aujourd’hui connu sous le nom de Pistis Sophia, ainsi que le Codex Bruce, qui a conservé au moins deux importants traités gnostiques : les « deux Livres de Iéou », ainsi qu’un texte acéphale et incomplet, qui sera désigné sous le nom de Traité anonyme du codex Bruce. Malheureusement, ces trois textes furent bientôt éclipsés par la découverte, en 1945 près de la ville moderne de Nag Hammadi en Haute-Égypte, d’une quarantaine de textes distincts, pour la plupart gnostiques.

C’est dans ce contexte, à la suite du travail du directeur du volume sur le Traité anonyme du codex Bruce en vue de la préparation d’une nouvelle édition critique, d’une traduction française et d’une étude du texte, qu’un atelier entièrement consacré à ce traité gnostique encore largement ignoré et sous-exploité fut organisé le 13 avril 2018 à l’Université Laval, à Québec (Canada). Cette journée d’étude a réuni sept chercheurs, tant en début de carrière que bien établis, dont les contributions ont permis d’éclairer sous un jour nouveau ce texte difficile mais riche et fécond, ouvrant de nouvelles perspectives et de nouvelles pistes de recherche.