Mission et historique

Mission

La Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval a pour mission principale de contribuer à l'avancement des connaissances en théologie chrétienne, dans une perspective catholique, aussi bien qu'en sciences des religions, en formant des personnes compétentes dans ces domaines. La formation qu'elle offre vise à outiller les étudiants en vue de l'intervention en milieu religieux ou de l'exercice d'une profession faisant appel à leur compétence, ainsi qu'en vue de l'enseignement et de la recherche. Dans un contexte multidisciplinaire, elle favorise la réussite de ses étudiants aux trois cycles d'études afin de les rendre en mesure de répondre aux besoins de la collectivité en regard du fait religieux.

Historique

Dès les débuts de son administration diocésaine en 1663, Mgr François de Laval, vicaire apostolique de la Nouvelle-France (il devient évêque de Québec en 1674), fonde le Séminaire de Québec et le Grand Séminaire pour assurer sur place la formation des prêtres. Les futurs prêtres y apprendront notamment à prêcher, à faire le catéchisme ou à gérer les paroisses, tandis que la partie plus théorique, par exemple la philosophie et la théologie scolastique, est enseignée au Collège des Jésuites. Le Séminaire est alors reconnu et approuvé par le roi de France, et Rome lui accorde une reconnaissance officielle.

L'arrivée du Séminaire à l'Université

Près de deux siècles plus tard, le 8 décembre 1852, le Séminaire de Québec obtient de la reine Victoria une charte royale lui permettant de conférer des grades universitaires. L'Université Laval, qui reçoit ainsi son acte de fondation, entreprend l'enseignement de la théologie, tandis que le Grand Séminaire se réserve la formation spirituelle et pastorale des étudiants. La Faculté n'obtient sa consécration canonique que le 15 mai 1876, alors que le pape Pie IX, par la bulle Inter Varias Sollicitudines, octroie à l'Université Laval sa charte pontificale. La Faculté, intimement liée au Grand Séminaire de Québec, privilégie alors un enseignement de type dogmatique. Elle sera marquée par la figure de Mgr Louis-Adolphe Pâquet, doyen de 1904 à 1938, et fervent initiateur du thomisme au Canada français. Les actions de théologiens thomistes, dont Stanislas Lortie et Mgr Pâquet, contribuent à renouveler puis à cristalliser l'enseignement de la philosophie et de la théologie. Durant cette période, les étudiants viennent de toutes les régions du Canada et se destinent au sacerdoce, soit dans le clergé diocésain, soit dans le clergé régulier.

Le premier renouveau des études

En abordant son deuxième siècle d'existence, la Faculté est influencée par le renouveau des études bibliques, une attention plus grande aux sources mêmes de la révélation et l'apport de l'histoire et des sciences humaines, qui ouvrent de nouveaux horizons à la théologie. Les programmes sont alors graduellement transformés et offerts à une clientèle de plus en plus diversifiée. Ils ne s'adressent plus exclusivement à de futurs prêtres, mais à tous ceux et celles qui veulent réfléchir sur la foi chrétienne. Des organismes universitaires affiliés à la Faculté sont créés pour répondre à ces besoins : le Centre de recherche en sociologie religieuse (1958), l'Institut de pastorale (1958) et l'Institut de catéchèse (1961). Ces nouvelles institutions universitaires viennent répondre à une nouvelle stratégie de l'Église qui compte sur les recherches en sciences humaines et sociales pour renouveler son approche catéchétique et pastorale dans un monde en changement. Les rapports entre la Faculté et le Grand Séminaire connaissent aussi une évolution; la collaboration demeure étroite, mais la distinction entre les deux institutions devient plus nette.

La seconde période de renouveau

Les diverses réformes survenues depuis 1965 ont engendré une « nouvelle » université, de plus en plus tournée vers la recherche. Une nouvelle charte, promulguée le 1er septembre 1971, entraîne l'abandon du document de 1852 et du titre d'université catholique. Elle reconnaît cependant un statut particulier à la Faculté de théologie (article 14 de la Charte de l'Université Laval), lui permettant de conserver son lien officiel avec l'Église catholique (statut canonique reconnu par la Congrégation pour l'éducation catholique). Ses programmes d'études sont alors l'objet de diverses évaluations afin de rencontrer les défis d'une société pluraliste et majoritairement laïque. L'intégration à la Faculté de chercheurs en sciences humaines et sociales va contribuer à la mise sur pied de deux programmes interdisciplinaires d'études en sciences humaines de la religion : une maîtrise interfacultaire en 1981 et un certificat rattaché à la Faculté en 1982-83. À ces deux programmes pionniers se sont ajoutés plus tard un programme de doctorat interuniversitaire (2001-2002) et un baccalauréat interdisciplinaire (2004-2005). Pour tenir compte de cette évolution, la Faculté de théologie modifie en 1997 son appellation pour devenir la « Faculté de théologie et de sciences religieuses », destinée à mieux refléter la réalité de la recherche et des programmes universitaires qu'elle offre. Des certificats en études pastorales et en études bibliques, en plus de programmes et d'activités de formation continue sont mis en place et peuvent être suivis hors campus. Des stages de formation pratique sont organisés au premier et au deuxième cycles et une offre importante de formation à distance devient désormais disponible. En 2001, la Faculté se dote d'un nouveau programme de troisième cycle, le doctorat en théologie pratique, s'adressant à des intervenants d'expérience dans le champ religieux pour leur permettre une réflexion avancée sur leur champ d'intervention.

La période actuelle

En 2002-2003, la Faculté célébrait les 150 ans d'enseignement universitaire de la théologie et des sciences religieuses au Québec. Au cours de cette période, la Faculté a procédé à la création de deux chaires : la Chaire de théologie Monseigneur-de-Laval (soutien à la formation théologique des pasteurs et des intervenants en Église) et la Chaire Religion, spiritualité et santé (enseignement et recherche dans le domaine de l'intervention en pastorale de la santé). Elle a aussi créé le Centre d'études Marie-de-l'Incarnation et appuyé la formation de plusieurs groupes de recherche.

Aujourd'hui, la Faculté offre toujours des programmes conduisant à un grade canonique et conserve son statut de « faculté ecclésiastique » pour le secteur de la théologie catholique, en répondant aux exigences à caractère canonique définies par la Congrégation romaine pour l'éducation catholique. Elle maintient aussi un secteur dynamique d'enseignement et de recherche en sciences des religions, permettant l'établissement d'un dialogue fécond entre la théologie et les sciences humaines, tout en répondant à des besoins de société touchant la compréhension du fait religieux. Ses professeurs continuent de se distinguer en recherche dans les divers domaines de la théologie et des sciences des religions et accueillent des étudiants aux études supérieures dont ils acceptent de superviser les projets de recherche. La Faculté favorise aussi la tenue de colloques, de conférences et de débats sur une foule de questions religieuses. Elle constitue ainsi un milieu stimulant pour les étudiants.