Doctorat en théologie pratique

Programme

Le doctorat en théologie pratique est destiné aux personnes œuvrant dans le champ ecclésial ou dans toute autre sphère d’activité traversée par des questions religieuses ou spirituelles (santé, éducation, services sociaux, médias, arts et culture, justice, défense).

La démarche est centrée sur la personne en situation d'intervention sur un terrain donné. Alliant théorie et pratique, elle explore les interactions entre quatre pôles : l’intervenant, la pratique de cet intervenant, un terrain particulier d'intervention et la réflexion théologique.

Les étudiants viennent du Québec ou d'ailleurs à travers le monde. Ce sont des personnes engagées dans diverses formes de ministère ou de travail et appartenant à des traditions de foi variées. Ces hommes et ces femmes réalisent ce doctorat professionnel tout en demeurant en emploi dans leur milieu. Ils se retrouvent à Québec pour une séance intensive d’une dizaine de jours à l'automne et au printemps de chacune des quatre années de scolarité.

Le programme est ouvert à la réalisation de trois types de thèse: dissertation, test de modèle et recherche-création. Offert depuis 2001, il est le premier doctorat du genre à avoir été créé dans le monde francophone.

 

 

Objectifs

Le but poursuivi dans le cadre de ce programme est de former un expert de l'intervention sur un terrain situé dans le champ ecclésial ou dans toute autre sphère d'activité où le religieux est concerné. La démarche vise l'examen critique et la transformation de la pratique d'un individu ou d'un groupe, le développement d'une communauté, l'acquisition de nouveaux outils d'exploration d'une pratique et l'élaboration de perspectives théologiques permettant de mieux comprendre et de mieux orienter l’intervention.

Les objectifs spécifiques sont de l'ordre du savoir, du savoir-faire et du savoir-être. Au terme de sa formation, le diplômé aura perfectionné ses connaissances, ses habiletés et ses attitudes, de manière à pouvoir :

  1. réaliser une recherche théologique de haut niveau à partir d’une pratique déterminée, en recourant aux perspectives et aux méthodes de la théologie pratique, et en contribuant à leur développement;
  2. réfléchir de façon critique et continue à son identité et à son rôle d’intervenant;
  3. intervenir avec originalité, autonomie et pertinence dans son champ d’activité;
  4. déterminer des moyens de croissance sur les plans affectif, spirituel et professionnel.

 

Cheminement

Le programme propose une approche centrée sur le développement de compétences, une pédagogie en spirale (spiral curriculum) et un cheminement au sein d’une cohorte de pairs. Toute la démarche est axée sur les rapports entre l’intervenant, sa pratique, son terrain d'intervention et la réflexion théologique.

L'étudiant maintient concurremment un double statut : celui d'étudiant inscrit à des activités de formation et celui d'intervenant sur un terrain particulier. Les activités ont lieu au début de l’automne (sept.-oct.) et au printemps (avril-mai), sous forme de séances intensives d’une dizaine de jours chacune. Au cours des quatre premières années du programme, l’étudiant doit s’inscrire aux activités prévues à son parcours de formation aux sessions d’automne et d’hiver, mais il ne se rend sur le campus de l’Université que pour les deux séances intensives indiquées. Le reste de l’année, le travail lié au programme est effectué par l’étudiant dans son milieu; il exige en moyenne une journée et demie de travail par semaine. Si une cinquième année s’avère nécessaire, l’étudiant s’inscrit alors en poursuite de la recherche.

Les activités de formation comportent des séminaires annuels et des démarches personnalisées appelées "Compétences en intervention". Au premier tiers du parcours, un examen de doctorat vise à s'assurer que l'étudiant possède les connaissances et la formation adéquates pour la réalisation de son projet de thèse.

 

Thèse

Dès la première session d'inscription, le directeur de programme assiste l’étudiant dans le choix d’un directeur de recherche qui le guidera dans la détermination et la réalisation de sa thèse. Celle-ci comporte deux dimensions : recherche sur la pratique etdéveloppement des compétences d’intervention. Un accompagnateur seconde le directeur en ce qui a trait à cette seconde dimension.

Le projet de thèse s’élabore, se précise et se réalise au fur et à mesure du programme. Le candidat fait adopter son sujet de recherche par la direction de programme à la fin de la première année. Il doit réussir l'évaluation de son projet de thèse à la fin de chacune des trois premières années afin d'être autorisé à poursuivre le programme.

La thèse peut adopter la forme d’une dissertation (interprétation théologique d'une pratique), d’un test de modèle (mise à l’épreuve d'un modèle d'intervention sur le terrain) ou d’un travail de recherche-création (centré sur une pratique artistique). Concernant ce dernier volet: le programme permet à des artistes chevronnés de placer leur pratique de création artistique au centre de leur projet doctoral. Il s’agit alors pour eux de réfléchir à la portée et aux enjeux théologiques de leur démarche de création ainsi qu’à leur identité et leur rôle d’artiste engagé dans le champ religieux ou spirituel.

Un comité d’encadrement suit le travail du candidat tout au long de la phase d’élaboration de sa thèse. Il est formé de son directeur de thèse, de son accompagnateur et d’un membre externe reconnu comme spécialiste en intervention de terrain dans un domaine semblable à celui de l'étudiant. Le choix de ce dernier est fait à partir d'une suggestion de l'étudiant soumise à l'approbation du directeur de recherche et du directeur de programme.

 

Structure

Pour les étudiants admis à compter de la session d'automne 2012, le programme comporte 90 crédits (cr.1) d'activités réparties de la manière suivante (les activités indiquées en gras font l'objet d'une inscription à la session indiquée):

1ère année:  session d'automne

 1ère année:  session d'hiver

THL-8030 Séminaire 1 (5 cr.)
THL-8841 Activité de recherche - thèse 1 (7 cr.)

(Suite de l'activité THL-8030)
THL-8842  Activité de recherche - thèse 2 (7 cr.)
THL-8034  Examen de doctorat (5 cr.)

2e année: session d'automne

 2e année: session d'hiver

(Suite de l'activité THL-8034)
THL-8031 Séminaire 2 (5 cr.)
THL-8843 Activité de recherche - thèse 3 (7 cr.)

(Suite de l'activité THL-8031)
THL-8844  Activité de recherche - thèse 4 (7 cr.)
THL-8035  Compétences en intervention 1 (3 cr.)2

3e année: session d'automne

 3e année: session d'hiver

THL-8032 Séminaire 3 (5 cr.)
THL-8845 Activité de recherche - thèse 5 (7 cr.)

(Suite de l'activité THL-8032)
THL-8846  Activité de recherche - thèse 6 (7 cr.)
THL-8036  Compétences en intervention 2 (3 cr.)

4e année: session d'automne

 4e année: session d'hiver

THL-8033 Séminaire 4 (5 cr.)
THL-8847 Activité de recherche - thèse 7 (7 cr.)

(Suite de l'activité THL-8033)
THL-8848  Activité de recherche - thèse 8 (7 cr.)
THL-8037  Compétences en intervention 3 (3 cr.)

*Notes:

  1. À l'Université Laval, un crédit correspond à 45 heures de travail (activités en classe et travail personnel). Les frais de scolarité sont essentiellement facturés en fonction du nombre de crédits inscrits à chaque session (automne ou hiver). Un étudiant est réputé être inscrit à temps complet s'il est inscrit à un minimum de 12 crédits à une session donnée, ou à une "activité de recherche" d'au moins 7 crédits. Le maintien d'une inscription à temps complet est importante pour l'obtention des documents de séjour et des bourses.
  2. En remplacement des activités "Compétences en intervention", avec l’approbation de la direction de programme, un étudiant peut suivre d’autres cours offerts par l’Université Laval ou par une autre université; dans cette éventualité, les cours devront être de deuxième ou de troisième cycle et jugés pertinents en regard du plan d’études de l’étudiant et des objectifs du programme.

 

Encadrement

Chaque étudiant inscrit au programme est soutenu dans sa démarche de formation par un directeur de recherche et par unaccompagnateur. À ces deux personnes se joint une troisième, choisie en fonction de son expertise dans le champ de pratique de l'étudiant, pour former son comité d'encadrement.


Les professeurs susceptibles de diriger la recherche d'un étudiant sont présentés ici à la suite de leurs champs de recherche.

Actualisation et pédagogie du message biblique. Bible et culture.
Guy Bonneau

Ritualité et ritualisation: les médiations humaines de l’expérience du divin.
Ângelo Cardita

Familles et spiritualité.  Pratiques pastorales.  Spiritualités contemporaines.  Théologie avec les enfants.  Théologie spirituelle.  Vie spirituelle des enfants 
Elaine Champagne

Bible en pastorale. Pastorale de la Bible. Paradigme de la formation à distance dans l'enseignement contemporain de la théologie.
Alain Faucher

Intelligence de la foi dans la modernité. Méthodologie et épistémologie du discours religieux et théologique.
Anne Fortin

Bible, catéchèse, communication de la foi, gouvernance pastorale.
Yves Guérette 

Approches littéraires du Nouveau Testament (critique « reader-response », narratologie). Bible et catéchèse. Spiritualité et littérature de jeunesse. Spiritualité des enfants.
Robert Hurley

Approches narratives en bioéthique. Intégration religion, spiritualités et soins en milieu de santé. Éthique de la parole épiscopale et du discours magistériel.
Guy Jobin

Éthique et déontologie de l’accompagnement pastoral. Enjeux éthiques et spirituels en fin de vie : religion, soins et système de santé, bioéthique.
Bernard Keating

Fondements de la théologie pratique. Théories de l’action et théologie pratique. Religion et espace public au Québec. Modernité et religion. 
Robert Mager

Religion et démocratie. Théologie politique.
François Nault

Communication de la foi, éducation de la foi des adultes et enseignement religieux au Québec; évangélisation, missions et inculturation; Vatican II et le catholicisme québécois contemporain; œcuménisme; théologie pratique, analyse de pratiques ecclésiales, gouvernement ecclésial et transformations du système paroissial au Québec.
Gilles Routhier


Les personnes suivantes sont habilitées à jouer le rôle d'accompagnateur:

Céline Roussin, chargée d'enseignement, spécialiste des rapports entre psychologie et spiritualité et de la méthodologie de recherche.


Témoignages

« Dans un monde hospitalier où les pratiques sont marquées en profondeur par la recherche, ce parcours au DThP me permet de proposer et de valoriser des objets et des méthodes de recherche différents. »

Pasteur Étienne Rochat
Suisse

 

« Le D.Th.P a fait de moi une meilleure clinicienne, une chercheure passionnée capable de partager mes connaissances et une théologienne davantage à l'écoute de son milieu de travail. »

Martine Tremblay, laïque
Québec

 

« La réflexion sur la théologie pratique et sur nos pratiques ecclésiales effectuée dans cette culture proche mais légèrement décalée de ma culture française m’a permis d’interroger plus systématiquement mes attitudes implicites, de me mettre plus facilement en position d’accueil de l’autre et de sa différence, d’affiner mon écoute et mon analyse.  »

Anne Righini Tapie, laïque
France

« Ce programme doctoral a su m’apporter une solidification de mes attitudes et un ajustement de mes habiletés d’intervenant en psychothérapie pastorale. »

André Belzile, laïque
Québec

 

« Le DThP m’a permis de jeter un regard réaliste sur ma situation et d’entrevoir des pistes novatrices capables de renouveler de fond en comble ma pratique pastorale. »

Jean-Philippe Auger, prêtre
Québec

« On ne peut aujourd’hui rester seulement dans l’ordre de l’émotivité, de la sensibilité subjective. La théologie de l’Église a besoin d’une raison qui pense la pastorale de l’Église à partir de la pratique concrète. »

Joseph Biyaga III, prêtre
Cameroun

« Le soutien de l’équipe enseignante et du personnel administratif est de grande qualité. Je me suis toujours sentie bien encadrée et accompagnée dans ma démarche doctorale. »

Sylvie Bessette, laïque
Montréal

 

« Étais-je une spécialiste au départ? J'ai pu prendre du recul pour mettre de l’ordre dans mes propres connaissances, pour ensuite explorer et oser sortir des sentiers battus. »

Mireille Éthier, laïque
Québec

« Ce programme est pour moi une libération. Grâce à lui, je peux enfin faire de la théologie à partir de moi-même, de ma pratique et des pratiques de mon terrain d’intervention. »

Simon Pierre Iyananio, prêtre
R. D. Congo

« Ce parcours de doctorat m’a donné l’occasion de saisir, de façon nouvelle, la réalité qui est la mienne, celle de l’association de laïques aux instituts de vie consacrée. »

Christian Busset, laïque
Québec

« Les témoignages reçus de la part des parents, des enfants et des membres de l’assemblée témoignent des bienfaits d’une catéchèse développée dans le cadre du programme. Le doctorat m’a fait faire un parcours qui m’a mené sur des chemins insoupçonnés et plus loin que je ne l’avais imaginé au départ. »

Serge Comeau, prêtre
Nouveau-Brunswick

« La théologie pratique nous permet d’« élargir l’espace de nos tentes » (És 54,2), de faire appel à d’autres disciplines pour aider à aborder de nouvelles questions considérées parfois comme trop audacieuses. »

Hélène LeMay, s.d.l.s.
Ontario

 

« C’est vraiment une expérience que transforme l’étudiant-chercheur de façon intégrale, non seulement au niveau des connaissances, mais aussi de la pratique d’intervention et dans nos attitudes. »

Heriberto Cabrera, s.d.b., prêtre
Île Maurice

« C’est mon engagement à Mission urbaine qui m’a orienté vers ce programme. Les conclusions de la thèse auront un impact concret dans un domaine pratique et actuel. »

Raymond Giguère, laïque
Québec

 

« Je retire le goût de chercher et de reconnaître de plus en plus la présence, l'action de Dieu dans l'événement; me laisser habiter par cet agir divin et l'observer dans l'autre, quel qu'il soit; reconnaître sa place dans l'agir humain blessé et blessant et lui en rendre grâces! »

Marie-Hélène Ouellette, laïque
Montréal

 

« Le ministère pastoral demande une recherche et une mise à jour continues, une ouverture de ses horizons, un renouvellement de son expression. Le DThP a su allier rigueur et souplesse pour une démarche qui est nécessairement vécue au cœur de l’engagement et de la pratique pastorale. »

Claude Ritchie, prêtre
Joliette

« Pour ma part, l’écoute profonde du milieu par le biais d’entrevues non dirigées et l’interprétation scientifique des données ont été si révélatrices et saisissantes que je n’hésite pas à les qualifier du mot de "conversion". »

Carmelle Bisson, a.m.j.
Québec